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 Cozumel

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Liubei
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Date d'inscription : 19/04/2010

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MessageSujet: Cozumel   Cozumel Icon_minitimeJeu 6 Mar - 23:31

Nous sommes le mercredi 3 juin 1942, 1h13 du matin.
Encore un mauvais jour.

Notre bateau est toujours coulé au large de Cozumel dans cette satanée fosse marine.
Douglas estime comme il peut notre position.
Entre 20 et 22 degrés de latitude Nord et entre 82 et 86 degrés ouest.
Profondeur 234 mètres.

Ernst pense que nous sommes posés sur une corniche surplombant une fosse et que le bateau, miraculeusement s’est arrêté dessus.
Je pense qu’il a vu juste.
Les déplacements dans les coursives sont limités pour ne pas aggraver une glisse de la coque.
Pour le moment, nous sommes vivants.
Le bateau supporte l’écrasement et les voies d’eau les plus critiques sont colmatées.
Il reste de l’oxygène pour 24 ou 25 heures.
La moindre particule d’oxygène doit être préservée. Consigne est donnée à l’équipage de rester couché avec les masques, le moindre effort étant grand consommateur d'oxygène.

Quelque chose ne va pas, quelque chose forcément, ne va pas.
J’ai quelques heures pour sauver mes hommes, sous condition que le chef et Evan arrivent à nous faire remonter à la surface.

Voyons…
Nous avons appareillé depuis la base de Portsmouth pour une mission à deux encryptages.
Equipage trié sur le volet sauf pour le gradé Boris Miroslav, qui, à la dernière minute à remplacé Hugo Boane au poste de maître d’équipage.
Pauvre Hugo, quel accident stupide, un grutier ivre, une caisse qui se balance avec le vent, le câble qui rompt et Hugo écrasé avant d’embarquer, mort. Terminé !
Mon homme de confiance remplacé par un inconnu de 33 ans ayant une seule mission à son actif.

Boris s’est vite imposé dans notre vie à bord.
Toujours serviable. Une voix douce et surtout un grand sourire.
Très compétent.
Je reste impressionné par sa maîtrise, son calme en situation de combat.

Si Hugo fut une dure perte pour le bateau, Boris le remplace avec brio. C’est un maître d’équipage intelligent et courageux qui a une curieuse manie : il porte toujours ces lunettes à la dernière mode, une paire de Ray-Ban, même en plongée, quoiqu’il lui arrive de les enlever dans le carré pour manger.

Le problème ne vient pas de lui, je ne le pense pas. Les autres hommes sont sûrs, de quoi donc ou de qui donc ?

Notre bateau est un classe Sargo ayant essuyé des tirs, réparé en vitesse à Portsmouth.
Nous naviguons sur le Swordfish 70 USS Sargo.
Son vrai nom est Velvet Swordfish USS 70.

6 officiers et 50 marins à bord.
La mission était de rallier Les Bermudes au 31°N, de couler durant le trajet tout navire ennemi ressemblant à un cargo bleu et surtout de signaler le moindre U-Boot en patrouille sur ce secteur.
Une fois arrivés aux Bermudes, de mouiller en périscopique au large de St Georges et d’attendre la livraison d’un colis top secret au point de mouillage qui est indiqué dans une enveloppe cachetée à ouvrir à ce moment là.

Dés le départ du port, le bateau posa des problèmes avec les moteurs : les diesels cognaient et les batteries lâchaient dans les compartiments des vapeurs acides qui nous obligèrent à naviguer kiosque émergé et passerelle ouverte pour renouveler sans cesse l’air à bord.
Le chef et ses hommes ont passé beaucoup de temps à réparer au mieux les problèmes.
Tout ceci ajouté à la mort d’Hugo fit que le bateau devint maudit et que le voyage le fut aussi. Les marins sont superstitieux, les sous-mariniers n’échappent pas à la règle.

Nous avons coupé la route à deux navires, un croiseur de classe Kuma très vieux qui escortait un cargo de frêt, rempli de containers, un cargo bleu.
Nous nous sommes mis dans leur sillage pour préparer l’attaque, en douceur.
Entre la ligne New-York et Les Bermudes nous avons chargé trois torpilles.
Deux pour le croiseur et une pour le cargo.
L’attaque fut effectuée en immersion périscopique et une fois les torpilles lancées, ordre fut donné de descendre à 80 mètres. Dans le silence des profondeurs, avec la consigne de ne faire aucun bruit, Douglas allias « le compas » comptait les secondes…
Trois torpilles Mark 14 en route -avec un peu de chance elles pouvaient monter à 40 nœuds- tout le monde suivait le chrono de Douglas.
Il égrenait les secondes, à voix basse, avec précaution.

Ernst, notre oreille, suivait aussi le bruit strident des hélices des Mark 14. Sur son cadran, il avait bien dans le gisement 31 les deux cibles, il certifiait l’hélice du cargo et celle du Kuma.

Les torpilles filèrent et, j’en suis sûr, touchèrent les cibles mais n’ont pas explosé, sauf une.

Ernst rivé à son pupitre tournait la roue pour écouter le moindre bruit.
Le cargo était toujours en marche, son hélice l’attestait.
Le Kuma était il touché ? Plus de bruit d’hélice mais aucun indicateur sonore de navire en train de sombrer. Le croiseur s’était-il mis en panne ?

Ernst localisa, situé devant nous, face à la proue, un troisième bruit, une propulsion d’un sous-marin classe U.
Propulsion faussée, bruits étranges.
Un bateau comme nous, en immersion.
Escortait-il le convoi qui, du coup, apparaît avoir été configuré pour ne pas attirer l’attention ?
Un convoi rapide et discret ?

Shane et Douglas étaient en pleins calculs des positions des navires par rapport au temps et aux tirs effectués.
Ernst signala que le Kuma, moteurs allumés, faisait route vers notre position.
Des grenades sous-marines crépitaient dans ses écouteurs.
Décision prise de s’enfoncer, le chef ordonna d’envoyer 80 litres en avant et de monter de deux à l’arrière et d’alourdir.

Le croiseur de classe Kuma jette des grenades réglées pour exploser par paliers de profondeur. Nous sommes partis plus bas pour échapper aux ondes de chocs les plus proches.
Les grondements de la pression sur la coque se répercutent dans les compartiments.

Le livre de bord sur les pages précédentes relate le pilonnage et les avaries subies, inutile d’écrire à nouveau la peur de l’équipage lors du grenadage.
Le Kuma avait visé plutôt juste et nous avait presque coulé.
Les marins ont tenu bon et notre bateau n’a pas implosé, deux blessés graves dont Owen, notre toubib sous-marinier.
Un excellent médecin capable d’opérer en situation de combat.

Owen et Adamski -notre cadet- ont été allongés dans le poste des officiers vu la gravité de leurs blessures.
Tout le monde fut surpris d’entendre Boris dire qu’il avait de bonnes notions médicales dues à son oncle «Reed» vétérinaire de l’Arkansas. L’oncle Reed et son épouse tenaient un cabinet médical quoique les chevaux et le bétail furent apparemment la seule clientèle.
Boris donna beaucoup de détails, rassurants en fin de compte. Je me souviens d’ailleurs que pendant qu’il expliquait la provenance de ses connaissances il inspectait un à un les instruments médicaux d’Owen.

Le dire et le faire … notre maître d’équipage l’a prouvé !
Il a recousu les plaies d’Owen, pansé sa tête et réduit la fracture de son bras et a opéré Adamski en extrayant le boulon logé profondément dans son ventre.

Un boulon brisé et expulsé de la coque par l’explosion de la grenade sous-marine.
Boris gagna ce jour le cœur des hommes, un héros plutôt digne et modeste.
Peu marqué apparemment par les dures heures vécues, il affichait toujours son grand sourire rassurant.

Le bateau a pris beaucoup d’eau. Tout le monde marche dans une soupe saumâtre dans laquelle surnage le gasoil.
Adamski geint de douleur dans une couchette détrempée et Owen est toujours évanoui. Il est secoué par quelques spasmes.
C’est sûr, nous avons du mal a respirer.

A bien y repenser, ils le savaient forcément !
Il y avait bien un étrange convoi protégé aussi par un U !
Ils le savaient c’est évident, pourquoi nous, pourquoi un seul bateau ?
Pourquoi des ordres si précis, «couler tout cargo bleu » et signaler les U-Boot ? Sur cette zone, dans cette direction, cette partie du monde ?

Nous nous en sommes sortis cette fois là, ils ne nous ont pas eus !
Rige le chef mécanicien s'est démené comme un forcené et nous sommes arrivés à remonter dans la nuit.
Pas un chat à la surface.

Notre Swordfish 70 avait échappé de peu au grenadage mais les avaries nombreuses attestaient qu’il s’en était fallu d’un cheveu.
Le pont avant était endommagé, le canon de pont arraché, il ne restait que la base éclatée.
Rige et Ernst accompagnés de deux hommes inspectèrent les antennes d’écoute sous-marine et réparèrent les dégâts.
Ernst ne s’installa de nouveau à son poste qu’une fois l’hydrophone parfaitement vérifié et fonctionnel et se mit en veille acoustique. Il était très concentré, une ride profonde creusait son front.

Marius Parment, notre chef ingénieur, s’activait de la salle des moteurs jusqu’aux accumulateurs arrière. Boris fit équiper deux marins pour plonger et inspecter la barre de plongée, le bras et l’hélice.
Le rapport était mauvais : encore un coup sur la barre de plongée et c’était terminé. Descente aux enfers aller simple assuré.

Marius, solide gaillard français plongea lui-même pour une réparation de fortune.
Grand front, mâchoires fortes arborant une superbe moustache dont il était très fier. Les hommes étaient rassurés d’avoir un des meilleurs chefs ingénieurs de la base sur notre bateau.

Rassurés car il fallait de bonnes âmes pour renverser la malédiction qui pesait de plus en plus sur le Swordfish 70.

Douglas calcula la route jusqu’aux Bermudes avec économie de gasoil. Le trajet se fit en plongée et les gars continuèrent de réparer les fuites.

Aux Bermudes, le bateau contact arriva et jeta l’ancre au point d’attente, au large de St Georges.
Le colis arriva : un fauteuil roulant en mauvais état.
Kiehman notre lieutenant demanda si c’était une mauvaise blague.


Le fauteuil fut descendu de la passerelle à la salle de contrôle.
Boris s’en chargea avec une grande attention. Il était bien le seul qui ne fut pas surpris de voir un tel objet à bord.
A vrai dire rien ne l’étonnait vraiment, c’était sûrement dans sa nature.

Le Capitaine du cargo de relais donna la permission de monter à son bord.
Fergus mon premier lieutenant m’accompagna.

Nous avons eu l'autorisation pour faire évacuer Owen et Adamski sur le bateau cargo pour qu’ils soient soignés le plus tôt possible dans un hôpital.

Je demandai où se trouvait le colis annoncé dans la mission : c’est là que me fut présenté un petit homme porté par deux solides matelots.
Le propriétaire de la chaise roulante : en fait la mission en elle-même.
Ce petit personnage fragile devait être protégé et acheminé dans un certain endroit, dont les coordonnées nous seraient données dans un pli à décacheter une fois repartis.


Notre Swordfish 70 fut ravitaillé en vivres et fruits frais et en gasoil, cuves pleines à ras bord.
J’indiquai au Capitaine que les torpilles Mark 14 fonctionnaient mal et que nous pouvions être suivis par un U-Boot possiblement endommagé par la seule torpille ayant fonctionné.
Il reçut les cordonnées du convoi étrange avec l’indication probable que le navire de classe Kuma avait été endommagé. Nous ne pouvions préciser quel bâtiment avait été touché.

Notre mystérieux passager handicapé fut installé dans ma couchette au poste des officiers. J’alternerai avec celle du chef pour dormir.
Il portait avec lui un disque de musique, en bakélite. Un disque en bakélite comme en possédaient les bourgeois autrefois. D’ailleurs, je l’ai tenu dans les mains comme un objet insolite. Handicapé et en mission secrète cet homme avait une valise mais au lieu de tenir n’importe quoi d’utile comme un colt, un couteau, il s'agrippait à ce disque.
Un disque de gramophone de riche mais je n’en fis pas la remarque.
Un opéra d’après lui. Il me le mit dans les mains très respectueusement d’ailleurs.
Je lui redonnai son disque après un bref regard et l’informai de se préparer pour la plongée, de s’attacher à la banquette par sécurité en cas d’attaque.



Pleine mer, enveloppe de mission décachetée.
Direction les côtes du Belize, notre Swordfish 70 est attendu pour livrer notre passager en fauteuil.
Nous devons nous faufiler entre la pointe de la Floride et Cuba, en silence, et éviter les meutes des U-Boot qui infestent cette partie des mers.

Le quadrillage est serré : c’est une mission suicide.
Les hommes sont confiants, je ne peux leur dire ce que je sais.

La lettre de mission indique un contact sur l’atoll de Chinchorro. Dans une petite maison, réside un ingénieur qui a mis au point un radiogoniomètre embarquable sur un sous-marin. Le problème reste la barrière de corail et la houle qui déferle dessus et qui empêche toute approche, d’un coté comme de l’autre.

Ces questions restaient sans réponse et je ne pouvais parler de l’ingénieur sur son atoll pour le moment.
Pour la direction vers Belize, il fut convenu avec Fergus, Douglas et Kiehman d’une approche à la nuit tombée.
Le 1er juin à 22h00 notre Swordfish 70 fit surface pour renouveler l’air à bord et recharger les batteries en tournant sur les diesels en avant lent.

C’est là que la meute nous aperçut, une meute de U-Boot protégeant un destroyer.

Le 1er obus passa au-dessus du Swordfish, le second fit soulever une gerbe d’eau sur tribord qui donna un gîte violent.
La passerelle fut évacuée et l’ordre de plongée en urgence fut donné !

Tous les hommes sont allés s’empiler dans la chambre des torpilles avant, la plongée fut inclinée avec la barre à bâbord 20°.

Le grenadage nous lamina et me voici, dans le journal de bord à 1h14 du matin, ce mercredi 3 juin 1942 à me questionner.

Boris Miroslav demanda à me parler.
Son visage malgré la situation critique restait avenant et souriant.

« Rapport sur les avaries, les clapets sont réparés, bloqués mais réparés, les accumulateurs sont abîmés, il manque un rail, les hommes font les dérivations. Notre Swordfish résiste à l’écrasement mais c’est une question d’heure avant que la coque externe s’enfonce en faisant tout imploser. »
« Capitaine Matthew.. »

Boris éveilla d’un degré au-dessus mon attention par sa voix ferme et douce.

« Capitaine, je pense connaître le moyen de sauver l’équipage si jamais cette épave remonte ».

Boris m’expliqua que son grand-père était natif d’Arroyes, un village de la Havane et qu’il vivait avec lui jusqu’à sa majorité.
C’est à sa mort que Boris réussit à quitter la Havane sur un cargo pour la Floride et s’engager dans la marine.

Boris Miroslav prit le temps de me raconter en détail la curieuse aventure faite avec son grand-père.
« Capitaine Browner .. Je connais l’île de Cozumel, j’y suis allé enfant avec mon grand-père.
Il péchait une espèce de poulpe rouge qu’un laboratoire achetait un prix élevé.

Mon grand-père s’appelait Hus,
« Capitaine Browner, Cozumel abrite des cénotes, ce sont comme de grandes grottes marines.
J’en connais une assez grande pour abriter le bateau et nous soustraire aux attaques et voici beaucoup mieux, notre pays construit une future base sur Cozumel, il n’y a pas encore grand chose, seulement du matériel et des scrapers mais... sur la côte, un petit goulet relie la mer à une grotte, un cénote caché à l’intérieur de l’île.
Mon grand-père y allait avec son bateau de pêche, c’est là qu’il attrapait les poulpes.

Les parties de pêche duraient 4 a 6 jours, Hus avait emménagé sur une berge de la grotte un petit campement sommaire avec une toile et un feu de bois.
Un soir après la pêche, capitaine Browner, écoutez bien, mon grand-père m’emmena au fond de la grotte.
Sur une paroi se trouvait incrustée une sorte de porte, taillée dans la pierre.

Il me dit que ce passage était autrefois utilisé par les Dieux.
Qu’il avait traversé autrefois ce tunnel, qu’il y faisait noir et très froid mais qu’il débouchait sur la grande terre.
Hus, m’a dit ce jour là d’utiliser le tunnel si j’avais besoin d’aide.

Capitaine Browner, c’est une chance, tentons la si le bateau arrive a remonter.
Nous avons des blessés que nous pouvons porter sur des civières dans le tunnel.

Une fois sur le continent nous pourrons achever la mission sains et saufs à l’abri de la flotte ennemie qui tourne dans cette région.

Nous sommes le jeudi 4 juin 1942, 21H00.

Le chef et ses hommes ont réussi à faire remonter notre Swordfish 70.
Les blessés sont attachés du mieux que nous avons pu le faire.

Les marins valides sont sur le pied de guerre, la zone reste mortelle pour notre Swordfish qui n’est plus qu’une épave, ne pouvant plus flotter ni plonger et dont les moteurs électriques sont morts.

Boris Miroslav guide Douglas pour nous engager dans le goulet.
Nous allons cacher le Swordfish 70 dans les entrailles de l’île Cozumel et utiliser le passage du grand-père de Boris.

Nous allons rejoindre le Belize en traversant une petite partie du Mexique à pied.
Les blessés les plus graves seront laissés dans des villages, déguisés en marins naufragés avec quelques dollars sur eux. Nous reviendrons les chercher une fois la mission accomplie c’est à dire, la livraison au point indiqué de notre homme mystérieux qui sera porté sur une civière.
Les blessés plus légers resteront dans la grotte avec des hommes de garde pour surveiller le sous-marin.

Par sécurité j’emporte le journal de bord.
Je repense à l’oncle .. l’oncle comment déjà, de l’Arkansas et le grand-père pêcheur.. ?
Quelque chose ne va pas du tout.
Je vérifie mon colt et j’emporte deux boites de munitions, ce tunnel est peut-être réel mais l’ennemi nous y attend déjà car j’en suis certain, depuis le début, cette mission n’est pas normale.

Suite du journal une fois le tunnel franchi et les blessés sous protection des villageois.

Capitaine Matthew Browner.

_________________
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Liubei
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MessageSujet: Re: Cozumel   Cozumel Icon_minitimeDim 10 Aoû - 23:50

Nous sommes le mercredi 3 juin 1942, 1h13 du matin.
Encore un mauvais jour.

Notre bateau est toujours coulé au large de Cozumel dans cette satanée fosse marine.
Douglas estime comme il peut notre position.
Entre 20 et 22 degrés de latitude Nord et entre 82 et 86 degrés ouest.
Profondeur 234 mètres.

Ernst pense que nous sommes posés sur une corniche surplombant une fosse et que le bateau, miraculeusement s’est arrêté dessus.
Je pense qu’il a vu juste.
Les déplacements dans les coursives sont limités pour ne pas aggraver une glisse de la coque.
Pour le moment, nous sommes vivants.
Le bateau supporte l’écrasement et les voies d’eau les plus critiques sont colmatées.
Il reste de l’oxygène pour 24 ou 25 heures.
La moindre particule d’oxygène doit être préservée. Consigne est donnée à l’équipage de rester couché avec les masques, le moindre effort étant grand consommateur d'oxygène.

Quelque chose ne va pas, quelque chose forcément, ne va pas.
J’ai quelques heures pour sauver mes hommes, sous condition que le chef et Evan arrivent à nous faire remonter à la surface.

Voyons…
Nous avons appareillé depuis la base de Portsmouth pour une mission à deux encryptages.
Equipage trié sur le volet sauf pour le gradé Boris Miroslav, qui, à la dernière minute à remplacé Hugo Boane au poste de maître d’équipage.
Pauvre Hugo, quel accident stupide, un grutier ivre, une caisse qui se balance avec le vent, le câble qui rompt et Hugo écrasé avant d’embarquer, mort. Terminé !
Mon homme de confiance remplacé par un inconnu de 33 ans ayant une seule mission à son actif.

Boris s’est vite imposé dans notre vie à bord.
Toujours serviable. Une voix douce et surtout un grand sourire.
Très compétent.
Je reste impressionné par sa maîtrise, son calme en situation de combat.

Si Hugo fut une dure perte pour le bateau, Boris le remplace avec brio. C’est un maître d’équipage intelligent et courageux qui a une curieuse manie : il porte toujours ces lunettes à la dernière mode, une paire de Ray-Ban, même en plongée, quoiqu’il lui arrive de les enlever dans le carré pour manger.

Le problème ne vient pas de lui, je ne le pense pas. Les autres hommes sont sûrs, de quoi donc ou de qui donc ?

Notre bateau est un classe Sargo ayant essuyé des tirs, réparé en vitesse à Portsmouth.
Nous naviguons sur le Swordfish 70 USS Sargo.
Son vrai nom est Velvet Swordfish USS 70.

6 officiers et 50 marins à bord.
La mission était de rallier Les Bermudes au 31°N, de couler durant le trajet tout navire ennemi ressemblant à un cargo bleu et surtout de signaler le moindre U-Boot en patrouille sur ce secteur.
Une fois arrivés aux Bermudes, de mouiller en périscopique au large de St Georges et d’attendre la livraison d’un colis top secret au point de mouillage qui est indiqué dans une enveloppe cachetée à ouvrir à ce moment là.

Dés le départ du port, le bateau posa des problèmes avec les moteurs : les diesels cognaient et les batteries lâchaient dans les compartiments des vapeurs acides qui nous obligèrent à naviguer kiosque émergé et passerelle ouverte pour renouveler sans cesse l’air à bord.
Le chef et ses hommes ont passé beaucoup de temps à réparer au mieux les problèmes.
Tout ceci ajouté à la mort d’Hugo fit que le bateau devint maudit et que le voyage le fut aussi. Les marins sont superstitieux, les sous-mariniers n’échappent pas à la règle.

Nous avons coupé la route à deux navires, un croiseur de classe Kuma très vieux qui escortait un cargo de frêt, rempli de containers, un cargo bleu.
Nous nous sommes mis dans leur sillage pour préparer l’attaque, en douceur.
Entre la ligne New-York et Les Bermudes nous avons chargé trois torpilles.
Deux pour le croiseur et une pour le cargo.
L’attaque fut effectuée en immersion périscopique et une fois les torpilles lancées, ordre fut donné de descendre à 80 mètres. Dans le silence des profondeurs, avec la consigne de ne faire aucun bruit, Douglas allias « le compas » comptait les secondes…
Trois torpilles Mark 14 en route -avec un peu de chance elles pouvaient monter à 40 nœuds- tout le monde suivait le chrono de Douglas.
Il égrenait les secondes, à voix basse, avec précaution.

Ernst, notre oreille, suivait aussi le bruit strident des hélices des Mark 14. Sur son cadran, il avait bien dans le gisement 31 les deux cibles, il certifiait l’hélice du cargo et celle du Kuma.

Les torpilles filèrent et, j’en suis sûr, touchèrent les cibles mais n’ont pas explosé, sauf une.

Ernst rivé à son pupitre tournait la roue pour écouter le moindre bruit.
Le cargo était toujours en marche, son hélice l’attestait.
Le Kuma était il touché ? Plus de bruit d’hélice mais aucun indicateur sonore de navire en train de sombrer. Le croiseur s’était-il mis en panne ?

Ernst localisa, situé devant nous, face à la proue, un troisième bruit, une propulsion d’un sous-marin classe U.
Propulsion faussée, bruits étranges.
Un bateau comme nous, en immersion.
Escortait-il le convoi qui, du coup, apparaît avoir été configuré pour ne pas attirer l’attention ?
Un convoi rapide et discret ?

Shane et Douglas étaient en pleins calculs des positions des navires par rapport au temps et aux tirs effectués.
Ernst signala que le Kuma, moteurs allumés, faisait route vers notre position.
Des grenades sous-marines crépitaient dans ses écouteurs.
Décision prise de s’enfoncer, le chef ordonna d’envoyer 80 litres en avant et de monter de deux à l’arrière et d’alourdir.

Le croiseur de classe Kuma jette des grenades réglées pour exploser par paliers de profondeur. Nous sommes partis plus bas pour échapper aux ondes de chocs les plus proches.
Les grondements de la pression sur la coque se répercutent dans les compartiments.

Le livre de bord sur les pages précédentes relate le pilonnage et les avaries subies, inutile d’écrire à nouveau la peur de l’équipage lors du grenadage.
Le Kuma avait visé plutôt juste et nous avait presque coulé.
Les marins ont tenu bon et notre bateau n’a pas implosé, deux blessés graves dont Owen, notre toubib sous-marinier.
Un excellent médecin capable d’opérer en situation de combat.

Owen et Adamski -notre cadet- ont été allongés dans le poste des officiers vu la gravité de leurs blessures.
Tout le monde fut surpris d’entendre Boris dire qu’il avait de bonnes notions médicales dues à son oncle «Reed» vétérinaire de l’Arkansas. L’oncle Reed et son épouse tenaient un cabinet médical quoique les chevaux et le bétail furent apparemment la seule clientèle.
Boris donna beaucoup de détails, rassurants en fin de compte. Je me souviens d’ailleurs que pendant qu’il expliquait la provenance de ses connaissances il inspectait un à un les instruments médicaux d’Owen.

Le dire et le faire … notre maître d’équipage l’a prouvé !
Il a recousu les plaies d’Owen, pansé sa tête et réduit la fracture de son bras et a opéré Adamski en extrayant le boulon logé profondément dans son ventre.

Un boulon brisé et expulsé de la coque par l’explosion de la grenade sous-marine.
Boris gagna ce jour le cœur des hommes, un héros plutôt digne et modeste.
Peu marqué apparemment par les dures heures vécues, il affichait toujours son grand sourire rassurant.

Le bateau a pris beaucoup d’eau. Tout le monde marche dans une soupe saumâtre dans laquelle surnage le gasoil.
Adamski geint de douleur dans une couchette détrempée et Owen est toujours évanoui. Il est secoué par quelques spasmes.
C’est sûr, nous avons du mal a respirer.

A bien y repenser, ils le savaient forcément !
Il y avait bien un étrange convoi protégé aussi par un U !
Ils le savaient c’est évident, pourquoi nous, pourquoi un seul bateau ?
Pourquoi des ordres si précis, «couler tout cargo bleu » et signaler les U-Boot ? Sur cette zone, dans cette direction, cette partie du monde ?

Nous nous en sommes sortis cette fois là, ils ne nous ont pas eus !
Rige le chef mécanicien s'est démené comme un forcené et nous sommes arrivés à remonter dans la nuit.
Pas un chat à la surface.

Notre Swordfish 70 avait échappé de peu au grenadage mais les avaries nombreuses attestaient qu’il s’en était fallu d’un cheveu.
Le pont avant était endommagé, le canon de pont arraché, il ne restait que la base éclatée.
Rige et Ernst accompagnés de deux hommes inspectèrent les antennes d’écoute sous-marine et réparèrent les dégâts.
Ernst ne s’installa de nouveau à son poste qu’une fois l’hydrophone parfaitement vérifié et fonctionnel et se mit en veille acoustique. Il était très concentré, une ride profonde creusait son front.

Marius Parment, notre chef ingénieur, s’activait de la salle des moteurs jusqu’aux accumulateurs arrière. Boris fit équiper deux marins pour plonger et inspecter la barre de plongée, le bras et l’hélice.
Le rapport était mauvais : encore un coup sur la barre de plongée et c’était terminé. Descente aux enfers aller simple assuré.

Marius, solide gaillard français plongea lui-même pour une réparation de fortune.
Grand front, mâchoires fortes arborant une superbe moustache dont il était très fier. Les hommes étaient rassurés d’avoir un des meilleurs chefs ingénieurs de la base sur notre bateau.

Rassurés car il fallait de bonnes âmes pour renverser la malédiction qui pesait de plus en plus sur le Swordfish 70.

Douglas calcula la route jusqu’aux Bermudes avec économie de gasoil. Le trajet se fit en plongée et les gars continuèrent de réparer les fuites.

Aux Bermudes, le bateau contact arriva et jeta l’ancre au point d’attente, au large de St Georges.
Le colis arriva : un fauteuil roulant en mauvais état.
Kiehman notre lieutenant demanda si c’était une mauvaise blague.

Le fauteuil fut descendu de la passerelle à la salle de contrôle.
Boris s’en chargea avec une grande attention. Il était bien le seul qui ne fut pas surpris de voir un tel objet à bord.
A vrai dire rien ne l’étonnait vraiment, c’était sûrement dans sa nature.

Le Capitaine du cargo de relais donna la permission de monter à son bord.
Fergus mon premier lieutenant m’accompagna.

Nous avons eu l'autorisation pour faire évacuer Owen et Adamski sur le bateau cargo pour qu’ils soient soignés le plus tôt possible dans un hôpital.

Je demandai où se trouvait le colis annoncé dans la mission : c’est là que me fut présenté un petit homme porté par deux solides matelots.
Le propriétaire de la chaise roulante : en fait la mission en elle-même.
Ce petit personnage fragile devait être protégé et acheminé dans un certain endroit, dont les coordonnées nous seraient données dans un pli à décacheter une fois repartis.

Notre Swordfish 70 fut ravitaillé en vivres et fruits frais et en gasoil, cuves pleines à ras bord.
J’indiquai au Capitaine que les torpilles Mark 14 fonctionnaient mal et que nous pouvions être suivis par un U-Boot possiblement endommagé par la seule torpille ayant fonctionné.
Il reçut les cordonnées du convoi étrange avec l’indication probable que le navire de classe Kuma avait été endommagé. Nous ne pouvions préciser quel bâtiment avait été touché.

Notre mystérieux passager handicapé fut installé dans ma couchette au poste des officiers. J’alternerai avec celle du chef pour dormir.
Il portait avec lui un disque de musique, en bakélite. Un disque en bakélite comme en possédaient les bourgeois autrefois. D’ailleurs, je l’ai tenu dans les mains comme un objet insolite. Handicapé et en mission secrète cet homme avait une valise mais au lieu de tenir n’importe quoi d’utile comme un colt, un couteau, il s'agrippait à ce disque.
Un disque de gramophone de riche mais je n’en fis pas la remarque.
Un opéra d’après lui. Il me le mit dans les mains très respectueusement d’ailleurs.
Je lui redonnai son disque après un bref regard et l’informai de se préparer pour la plongée, de s’attacher à la banquette par sécurité en cas d’attaque.


Pleine mer, enveloppe de mission décachetée.
Direction les côtes du Belize, notre Swordfish 70 est attendu pour livrer notre passager en fauteuil.
Nous devons nous faufiler entre la pointe de la Floride et Cuba, en silence, et éviter les meutes des U-Boot qui infestent cette partie des mers.

Le quadrillage est serré : c’est une mission suicide.
Les hommes sont confiants, je ne peux leur dire ce que je sais.

La lettre de mission indique un contact sur l’atoll de Chinchorro. Dans une petite maison, réside un ingénieur qui a mis au point un radiogoniomètre embarquable sur un sous-marin. Le problème reste la barrière de corail et la houle qui déferle dessus et qui empêche toute approche, d’un coté comme de l’autre.

Ces questions restaient sans réponse et je ne pouvais parler de l’ingénieur sur son atoll pour le moment.
Pour la direction vers Belize, il fut convenu avec Fergus, Douglas et Kiehman d’une approche à la nuit tombée.
Le 1er juin à 22h00 notre Swordfish 70 fit surface pour renouveler l’air à bord et recharger les batteries en tournant sur les diesels en avant lent.

C’est là que la meute nous aperçut, une meute de U-Boot protégeant un destroyer.

Le 1er obus passa au-dessus du Swordfish, le second fit soulever une gerbe d’eau sur tribord qui donna un gîte violent.
La passerelle fut évacuée et l’ordre de plongée en urgence fut donné !

Tous les hommes sont allés s’empiler dans la chambre des torpilles avant, la plongée fut inclinée avec la barre à bâbord 20°.

Le grenadage nous lamina et me voici, dans le journal de bord à 1h14 du matin, ce mercredi 3 juin 1942 à me questionner.

Boris Miroslav demanda à me parler.
Son visage malgré la situation critique restait avenant et souriant.

« Rapport sur les avaries, les clapets sont réparés, bloqués mais réparés, les accumulateurs sont abîmés, il manque un rail, les hommes font les dérivations. Notre Swordfish résiste à l’écrasement mais c’est une question d’heure avant que la coque externe s’enfonce en faisant tout imploser. »
« Capitaine Matthew.. »

Boris éveilla d’un degré au-dessus mon attention par sa voix ferme et douce.

« Capitaine, je pense connaître le moyen de sauver l’équipage si jamais cette épave remonte ».

Boris m’expliqua que son grand-père était natif d’Arroyes, un village de la Havane et qu’il vivait avec lui jusqu’à sa majorité.
C’est à sa mort que Boris réussit à quitter la Havane sur un cargo pour la Floride et s’engager dans la marine.

Boris Miroslav prit le temps de me raconter en détail la curieuse aventure faite avec son grand-père.
« Capitaine Browner .. Je connais l’île de Cozumel, j’y suis allé enfant avec mon grand-père.
Il péchait une espèce de poulpe rouge qu’un laboratoire achetait un prix élevé.

Mon grand-père s’appelait Hus,
« Capitaine Browner, Cozumel abrite des cénotes, ce sont comme de grandes grottes marines.
J’en connais une assez grande pour abriter le bateau et nous soustraire aux attaques et voici beaucoup mieux, notre pays construit une future base sur Cozumel, il n’y a pas encore grand chose, seulement du matériel et des scrapers mais... sur la côte, un petit goulet relie la mer à une grotte, un cénote caché à l’intérieur de l’île.
Mon grand-père y allait avec son bateau de pêche, c’est là qu’il attrapait les poulpes.

Les parties de pêche duraient 4 a 6 jours, Hus avait emménagé sur une berge de la grotte un petit campement sommaire avec une toile et un feu de bois.
Un soir après la pêche, capitaine Browner, écoutez bien, mon grand-père m’emmena au fond de la grotte.
Sur une paroi se trouvait incrustée une sorte de porte, taillée dans la pierre.

Il me dit que ce passage était autrefois utilisé par les Dieux.
Qu’il avait traversé autrefois ce tunnel, qu’il y faisait noir et très froid mais qu’il débouchait sur la grande terre.
Hus, m’a dit ce jour là d’utiliser le tunnel si j’avais besoin d’aide.

Capitaine Browner, c’est une chance, tentons la si le bateau arrive a remonter.
Nous avons des blessés que nous pouvons porter sur des civières dans le tunnel.

Une fois sur le continent nous pourrons achever la mission sains et saufs à l’abri de la flotte ennemie qui tourne dans cette région.

Nous sommes le jeudi 4 juin 1942, 21H00.

Le chef et ses hommes ont réussi à faire remonter notre Swordfish 70.
Les blessés sont attachés du mieux que nous avons pu le faire.

Les marins valides sont sur le pied de guerre, la zone reste mortelle pour notre Swordfish qui n’est plus qu’une épave, ne pouvant plus flotter ni plonger et dont les moteurs électriques sont morts.

Boris Miroslav guide Douglas pour nous engager dans le goulet.
Nous allons cacher le Swordfish 70 dans les entrailles de l’île Cozumel et utiliser le passage du grand-père de Boris.

Nous allons rejoindre le Belize en traversant une petite partie du Mexique à pied.
Les blessés les plus graves seront laissés dans des villages, déguisés en marins naufragés avec quelques dollars sur eux. Nous reviendrons les chercher une fois la mission accomplie c’est à dire, la livraison au point indiqué de notre homme mystérieux qui sera porté sur une civière.
Les blessés plus légers resteront dans la grotte avec des hommes de garde pour surveiller le sous-marin.

Par sécurité j’emporte le journal de bord.
Je repense à l’oncle .. l’oncle comment déjà, de l’Arkansas et le grand-père pêcheur.. ?
Quelque chose ne va pas du tout.
Je vérifie mon colt et j’emporte deux boites de munitions, ce tunnel est peut-être réel mais l’ennemi nous y attend déjà car j’en suis certain, depuis le début, cette mission n’est pas normale.

Suite du journal une fois le tunnel franchi et les blessés sous protection des villageois.

Capitaine Matthew Browner.

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